Une révolution discrète se prépare pour les pommes de terre. Arvalis propose de fractionner l’apport d’azote en deux étapes, grâce à des images multispectrales prises par satellites ou drones. Le but : apporter juste ce qu’il faut, au bon moment, sans réduire les rendements.
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Comment fonctionne le modèle Ferti‑Adapt pour pommes de terre
Le modèle développé par Arvalis analyse des images multispectrales entre 25 et 40 jours après la levée. Ces images mesurent trois indicateurs clés : la teneur en chlorophylle, le taux de couverture au sol et la densité du feuillage. Ensemble, ils donnent un diagnostic de l’état nutritionnel en azote de la culture.
Sur cette base, l’outil évalue si un complément d’azote est nécessaire ou non. Il s’appuie sur la méthode de bilan du Comifer pour la dose prévisionnelle, mais il ajuste l’apport selon les conditions réelles de l’année.
La règle des 40 kg N/ha en réserve
Le principe central est simple et pragmatique. Une quantité de 40 kg N/ha est volontairement laissée en réserve lors du premier apport, quelle que soit la dose prévisionnelle. Ensuite, en se basant sur le diagnostic, le modèle recommande un complément adapté.
Ce complément peut être nul si la culture apparaît suffisante. Il peut aussi atteindre des ordres de grandeur plus élevés — jusqu’à 40 à 80 kg N/ha — si l’outil détecte une mauvaise valorisation du premier apport ou une incertitude dans le bilan.
Calendrier et fenêtre d’intervention
Concrètement, vous réalisez le premier apport traditionnel, puis vous attendez le diagnostic entre 25 et 40 jours après la levée. La période critique pour le second apport est courte : en général 15 à 20 jours, selon la variété et la dynamique de croissance.
Cette fenêtre coïncide souvent avec la période d’activité phytosanitaire contre le mildiou, surtout en juin. C’est pourquoi l’organisation et la coordination des chantiers deviennent des points clés.
Freins organisationnels et solutions pratiques
Beaucoup de producteurs effectuent encore un seul apport au semis ou à la plantation. Ajouter un passage supplémentaire en période de forte activité peut sembler lourd. Pourtant, quelques adaptations logistiques suffisent souvent :
- planifier le second passage autour des traitements phytosanitaires pour réduire les déplacements ;
- utiliser les conseils fournis par l’outil intégré à Farmstar pour choisir la date optimale ;
- préparer un contrat de prestation ou mutualiser le matériel entre voisins pour gagner en réactivité.
quand intervenir
Intervenez dès que le diagnostic multispectral indique un déficit. La fenêtre est courte. Plus vous attendez, moins la plante peut rattraper le retard de nutrition.
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organisation du chantier
Anticipez la logistique. Si vous combinez le passage azote avec un traitement déjà prévu, vous limitez les coûts et le travail supplémentaire. Pensez aussi aux conditions météo : un apport sous pluie perd de son efficacité.
Quels bénéfices pour le rendement et l’environnement
Les premiers essais montrent que la méthode ne diminue pas le rendement. En 2024–2025, aucun essai n’a constaté de perte. Mieux encore, pour 60 % des parcelles suivies, les 40 unités d’azote mises en réserve n’ont finalement pas été nécessaires.
Cela signifie moins d’azote épandu inutilement, donc une réduction des émissions de gaz à effet de serre et un meilleur bilan environnemental. Pour les exploitations engagées dans des démarches labellisées, c’est un atout supplémentaire.
Résultats des essais et déploiement
Le modèle est testé sur un réseau d’une trentaine de parcelles en partenariat avec des coopératives et des industriels. Il est intégré dans l’outil de pilotage Farmstar pour faciliter l’usage par les agriculteurs.
Les résultats sont encourageants et les essais continuent pour affiner les stratégies. L’objectif est une disponibilité à grande échelle autour de 2027.
Faut‑il essayer dès maintenant ?
Si vous êtes producteur de pommes de terre, l’intérêt est réel : ajuster l’apport d’azote, réduire les risques de pertes et améliorer le bilan environnemental. En revanche, cela demande un peu d’organisation et une fenêtre d’intervention maîtrisée.
Le conseil pratique : testez la démarche sur une parcelle témoin. Comparez la gestion classique et la gestion fractionnée guidée par le modèle. Vous verrez rapidement si l’outil s’adapte à votre système et à votre organisation.


